La condition humaine résolue

Salut tout le monde j’espère que vous allez bien. Alors ça me fait vraiment plaisir de vous retrouver pour cette vidéo, parce qu’aujourd’hui on va parler ensemble de « la condition humaine », et alors ça c’est un sujet que j’ai envie d’aborder avec vous depuis très, très longtemps… Par contre… je vous préviens d’entrée de jeu, ça va être une vidéo un peu particulière… un peu atypique par rapport à mes vidéos habituelles, et il y a 2-3 petites choses dont il faut que je vous prévienne avant qu’on entre dans le vif du sujet…

  • Déjà pour une fois, les informations que je vais partager avec vous dans cette vidéo ne sont pas de moi. Non dans la vidéo d’aujourd’hui, je vais en fait vous présenter les travaux réalisés par un certain Jeremy Griffith (www.humancondition.com). Alors Jeremy Griffith, qui c’est ? C’est un biologiste australien, qui a fait de la condition humaine son sujet d’étude principal. Il a écrit de nombreux livres sur le sujet, il a aussi fait des conférences dont on peut retrouver les vidéos et les transcriptions sur internet… et au passage vous pouvez trouver tout ça en accès complètement gratuit, parce qu’il tient vraiment à ce que ces informations soient accessibles au plus grand nombre. Je vous ai mis un lien dans la description de la vidéo pour que vous puissiez tout retrouver donc n’hésitez pas à y jeter un œil. Et donc c’est sur un peu tous ces supports d’informations que je vais me baser, de façon transversale, pour faire cette vidéo.
  • Alors Jeremy Griffith est biologiste comme je vous disais, et ça, ça veut dire que dans cette vidéo on va parler de science. Et donc si on parle de science, alors… je devrais pas avoir à le dire mais je vais le dire quand même… on part tous sur les mêmes bases, hein, on est d’accord ? C’est-à-dire que l’univers existe depuis plusieurs milliards d’années, l’évolution est un fait, la Terre est ronde… Non parce que si déjà on n’est pas d’accord là-dessus, là pour la suite ça va être compliqué je vous le cache pas…
  • Ensuite, cette vidéo va aussi être un peu spéciale dans le sens où pour la première fois, je vais vous faire une vidéo… dans laquelle je suis pas sûr de comprendre à 100% tout ce que je raconte… Je vous expliquerai pourquoi à la fin. Alors pour pas faire d’erreur, je vais essayer d’être le plus fidèle possible à ce que Jeremy Griffith, en tant qu’auteur a écrit, mais voilà je préfère vous prévenir que ce que vous allez retrouver ici, ce ne sont pas juste les idées de l’auteur, ce sont les idées de l’auteur telles que moi je les ai comprises, et c’est pas la même chose… il y a un filtre… mais je peux pas l’éviter en fait. Donc je voulais vous prévenir que si je devais déformer les propos de l’auteur, c’est vraiment pas une volonté de ma part, et encore une fois, pour éviter toute confusion, je vous ai mis les liens vers les travaux originaux de l’auteur (www.humancondition.com) dans la description pour que vous puissiez vous y référer.
  • Bon et pour finir, je dois enfin vous avertir que, d’après l’expérience de l’auteur, la première fois que des gens tombent sur les informations dont je vais vous parler aujourd’hui, très souvent ils buggent complètement… chacun à leur façon. Il y a des gens qui rejettent l’information, il y en a qui juste ne la comprennent pas et qui se sentent perdus, il y en a qui se mettent en colère aussi, il y en a qui dépriment même parfois… c’est pas simple à appréhender comme informations au début… Donc je sais pas quel effet cette vidéo va vous faire, mais voilà, au moins vous êtes prévenu… Et donc si jamais dans cette vidéo, vous vous sentez perdu à un moment donné, si vous voyez pas où je veux en venir, si ça vous paraît flou ou autre… vous découragez pas, c’est tout à fait normal.

Voilà, maintenant que j’ai dit tout ça, c’est bon on peut y aller…

La « condition humaine », c’est quoi ?

Alors pour commencer, la « condition humaine » c’est quoi ? Pour Jeremy Griffith, étudier la condition humaine, c’est étudier la cause de nos comportements destructeurs en tant qu’espèce humaine. Jeremy Griffith c’est ça qu’il a étudié et qu’il nous dit avoir expliqué… Alors si vous vous intéressez un petit peu à la philosophie par exemple, vous avez pu voir que des fois, il y a des philosophes qui parlent de « la condition humaine » mais qui utilisent cette expression pour désigner le fait qu’en tant qu’êtres humains, on est des êtres qui ont conscience de la mort, ou qu’on est des êtres en capacité de s’interroger sur le sens de l’existence, par exemple… Ben quand Jeremy Griffith utilise cette expression, c’est pas ça du tout que ça désigne. Non pour l’auteur, dans ses travaux, la « condition humaine », c’est une expression qui désigne le fait qu’en tant qu’espèce humaine, on a des comportements destructeurs, qu’on ne se comporte pas de façon idéale loin de là, que nos agissements ne sont pas basés sur la coopération, et que paradoxalement, alors qu’on est l’espèce la plus intelligente de cette planète, on agit souvent comme l’espèce la plus irrationnelle de toutes… Qu’est-ce qui fait que des millions d’années d’évolution aient abouti à l’émergence d’une espèce humaine qui est en apparence si violente sur cette planète ? C’est de ça dont on est en train de parler…

Donc l’auteur il cherche à expliquer ça. Parce que selon lui, les différents enjeux qu’on rencontre sur Terre actuellement, que ce soit les différentes guerres qui ont lieu tout autour du globe, la faim dans le monde, ou encore le réchauffement climatique et la destruction de notre environnement, entre autres… pour lui, tous ces problèmes, ce ne sont pas les problèmes principaux : ce sont les symptômes d’un seul et même problème à la source, à savoir nous, les humains. On a un problème.

Ça en soi, dit comme ça, ça peut paraître très classique comme affirmation… Après tout il y a beaucoup de gens qui affirment que l’Homme serait mauvais par nature et que la source de tous les problèmes viendrait de là. D’ailleurs je suis sûr que ça vous est déjà arrivé de vous retrouver dans un repas de famille par exemple, et qu’au cours de ce repas de famille, pendant une de ces grandes discussions dans lesquelles on refait le monde vous savez, ben que ça vous est arrivé de parler de solutions alternatives un peu originales dans l’espoir que les gens autour de vous puissent voir qu’un autre monde est possible… Et si vous l’avez fait, une fois de temps en temps, on vous a certainement répondu en vous disant que ok, ce que vous proposez comme solution c’est intéressant, mais qu’il y a un truc que vous oubliez, c’est la nature humaine. Que c’est dans la nature de l’être humain d’être égoïste, d’être violent, d’écraser les autres, etc… et que peu importe comment on s’organise, ce sera toujours comme ça. Moi on me l’a sorti un certain nombre de fois… Et puis, les gens qui me l’ont dit avaient l’air d’y tenir à cette idée… J’ai déjà vu des gens hurler et taper du poing sur la table pour affirmer que l’être humain est mauvais… C’était important pour eux, fallait pas contredire ça… Et pourquoi l’être humain serait mauvais par nature ? Ben parce que les animaux dans la nature sont violents entre eux, ils sont en compétition entre eux pour survivre, et nous les humains, on est des animaux, donc on aurait hérité génétiquement de ces comportements agressifs qui seraient à la base de notre nature violente.

Voilà… Ben justement, Jeremy Griffith, en tant que biologiste, c’est un spécialiste sur le sujet, et lui, et ben figurez-vous qu’il est pas d’accord avec ça. Il est pas d’accord du tout… En fait pour lui l’être humain ne serait pas mauvais par nature, au contraire : lui, il affirme que notre véritable nature profonde, en tant qu’êtres humains, c’est la coopération et l’amour inconditionnel. Pour lui c’est ça la vraie nature humaine, et donc pour lui, il y a aucun problème au niveau de notre « nature » profonde. Et il considère que c’est hypocrite de croire que si on a des comportements destructeurs, ce serait parce qu’on y serait poussé par nos instincts, parce que les comportements destructeurs qu’on peut adopter n’ont rien à voir avec les comportements des animaux dans la nature justement. Pour lui, il y a rien dans l’Histoire de l’évolution qui expliquerait qu’on aurait développé des instincts de ce genre… Il prend un exemple tout simple, imaginons l’exemple d’un lion qui chasse et qui tue une antilope, il y a du sang partout, etc… Pour décrire une telle scène, vous auriez peut-être envie de dire que le lion est « violent », et encore… Mais ça vous viendrait pas à l’idée de dire que le lion est « méchant ». Ou qu’il est « égoïste ». Ou « égocentrique ». Ou « mauvais ». Ou « sadique ». Ou que c’est un « psychopathe ». Entre autres… Non le lion il suit ses instincts, il fait ce qu’il a à faire dans la nature, simplement. Tous ces termes, ce sont des adjectifs qu’on emploierait uniquement pour décrire un comportement humain. Pour l’auteur, expliquer nos comportements destructeurs en les présentant comme issus de millions d’années d’évolution dans le monde animal, c’est absurde. Pour lui en tant que biologiste, il y a absolument rien dans la nature qui expliquerait que des instincts aussi destructeurs aient pu émerger en nous. Et affirmer ça, ben c’est nier justement que nos comportements sont par essence intrinsèquement différents de ceux des autres animaux.

Et si on a des comportements fondamentalement différents de ceux des animaux dans la nature, et que ce n’est donc pas dans la nature qu’on a développé ces comportements, alors dans ce cas, selon l’auteur, nos comportements violents ne peuvent s’expliquer que par la grande spécificité qui nous démarque des autres animaux, à savoir notre esprit intelligent et conscient.

Autrement dit selon l’auteur, nous les êtres humains, on a un problème qui est d’ordre psychologique. L’humanité, selon l’auteur, serait « malade » si on peut dire, et comme 99% d’entre nous souffrons de cette maladie, ben en fait on ne la voit plus et on considère cet état comme notre état normal… Sauf que ça l’est pas. Et selon lui c’est une bonne nouvelle, parce qu’un problème d’ordre psychologique, ben ça peut se soigner… Et alors ce problème psychologique, qu’on aurait tous, en quoi est-ce qu’il consiste ? Et comment est-ce qu’il a émergé ? Ben pour expliquer tout ça, l’auteur il nous raconte une petite histoire… que je vais vous raconter ici.

Le « sens intégratif »

Pour parler de la condition humaine, l’auteur nous raconte une petite histoire donc… Et cette histoire elle commence dès la création de l’univers. Alors l’auteur ne rentre pas dans des explications détaillées du Big Bang ou de ce qui s’en suit. Par contre dès le début, il introduit le concept de Dieu dans la création de l’univers. Jeremy Griffith parle de « Dieu » très souvent dans ses travaux, et il nous en donne sa propre définition : il définit Dieu comme étant « le sens intégratif ». Très scientifique comme définition de Dieu vous remarquerez…

Et donc c’est une définition qui part d’une reconnaissance du fait que l’univers s’organise par lui-même et progresse vers un état d’intégration de lui-même toujours plus poussé. Il sait pas pourquoi et il sait pas comment, mais simplement l’auteur reconnait que la matière dans l’univers est extrêmement ordonnée, et que cette matière qui compose l’univers semble chercher à se mettre en ordre, à s’intégrer toujours davantage, pour former des ensembles toujours plus complexes. Ce serait donc ça la direction fondamentale de l’univers : c’est ça donc qu’il appelle « le sens intégratif », « l’intégration », « la coopération », ou encore « l’amour inconditionnel »… C’est également ça qu’il appelle « Dieu », et c’est aussi ce qu’il définit comme étant « le sens de la vie ».

Et alors quand il dit ça, Jeremy Griffith reconnaît lui-même qu’il n’a pas de preuve à apporter pour cette affirmation. Dans une de ses conférences d’ailleurs, il partageait une anecdote selon laquelle lorsqu’il avait envoyé ses articles de recherche à certaines revues scientifiques, il y a eu des fois où ses articles lui ont été retournés et où on lui avait répondu qu’il n’y avait aucune preuve scientifique du sens intégratif de l’univers. Il n’a pas de preuve, simplement selon lui, le sens intégratif, c’est une propriété de l’univers qui est juste évidente et qu’on voit partout autour de nous en chaque instant si on observe l’univers avec honnêteté. Et pour vous qui regardez cette chaîne, je pense que c’est une propriété que ça ne vous choque pas d’envisager, cette idée que l’univers se construise lui-même, qu’il poursuive continuellement une plus grande intégration de lui-même, et que la règle dans l’univers ce soit l’ordre et non pas le chaos.

Mais faut comprendre que ça, déjà, c’est une révolution… Parce que d’après la science, d’après les discours qu’on entend le plus couramment dans la communauté scientifique, l’univers n’aurait pas de sens justement. On vivrait dans un univers dans lequel tout serait le fruit du hasard et dans lequel certains phénomènes se produiraient, mais sans direction et sans finalité précises. Alors que pour Jeremy Griffith, non, on vit dans un univers avec un but, avec une direction, et qui est animé par une volonté propre. « Développer l’intégration de la matière ». Donc comme vous le voyez, c’est un changement de paradigme complet…

L’émergence de l’ADN

Donc le sens intégratif fait que la matière s’organise et gagne toujours plus en complexité : les particules forment des atomes, qui forment ensuite des molécules, qui forment des macromolécules, etc… Et tout ça c’est possible parce que, selon l’auteur, « les différents éléments du tout coopèrent entre eux pour former un tout », ça c’est très important… Autrement dit, la règle universelle, c’est la coopération. C’est la coopération qui permet à l’univers tel qu’on le connaît d’exister.

Sauf qu’au bout d’un moment, l’univers arrive à une limite… A un moment, que j’ai l’impression que l’auteur situe à la formation d’une planète plus ou moins, j’espère que j’ai pas compris de travers… A un moment, les différents éléments naturels ne peuvent plus coopérer davantage. C’est plus possible de parvenir à une construction plus poussée de la nature, parce que les nouveaux ensembles plus intégrés qui se formeraient ne pourraient plus être stables. Apparemment…

Mais face à cette limite, l’auteur nous dit que l’univers trouve une solution, à travers l’apparition d’une molécule un peu spéciale, à savoir : la molécule d’ADN. La molécule d’ADN, et même avant elle, la molécule d’ARN, c’est une molécule qui est composée de cristal en fait. Je ne le savais pas, c’est en lisant l’auteur que je l’ai appris… Donc elle est composée d’un matériau relativement abondant, sur Terre du moins, et cette molécule elle a la particularité de pouvoir se dupliquer. C’est-à-dire que si jamais une molécule d’ADN se retrouve scindée en deux, ben les deux moitiés sont en capacité d’absorber des cristaux alentours dans l’environnement et de se reconstruire. Non seulement les molécules d’ADN se reconstruisent, mais du coup on se retrouve même désormais avec deux molécules au lieu d’une. Donc c’est comme ça que la matière trouve une solution de contournement pour continuer à s’intégrer et à s’organiser face à l’adversité environnante.

Et avec l’ADN, on a l’émergence de la vie… Sauf que toutes les molécules d’ADN vont pas prendre la même forme lorsqu’elles émergent sur la planète, et il y a certaines formes qui vont s’avérer être plus résistantes que d’autres. Les moins résistantes vont tendre à disparaître, tandis que les plus résistantes vont tendre à se multiplier… donc à partir de là, on a le phénomène de la sélection naturelle qu’on connaît bien et qui commence à prendre place. Pour la poursuite de l’intégration de l’univers, c’est nécessaire de toute façon qu’un tri s’opère dans les différentes structures d’ADN émergeantes pour qu’on se retrouve avec les structures les plus solides et les plus aptes à survivre et à se multiplier.

Un peu de la même manière que les différentes particules élémentaires collaborent pour former des ensembles plus complexes, il y a un moment où les molécules d’ADN vont coopérer entre elles, pour former des êtres vivants unicellulaires, puis des êtres multicellulaires. Cette coopération de milliards de cellules entre elles permettent l’émergence d’un niveau d’intégration encore plus élevé, avec l’émergence progressive du règne végétal puis du règne animal. Et si on continue le processus, on arrive à l’apparition d’un écosystème très riche et très complexe comme celui qu’on connaît sur Terre aujourd’hui. Et tout ça est assuré par le principe de la sélection naturelle, qu’on maîtrise bien mine de rien, et que l’auteur reconnaît complètement, on est d’accord…

La sélection naturelle : obstacle à une plus grande coopération

Donc, à ce stade de la petite histoire, on a vu la logique derrière l’émergence d’un écosystème complexe. Mais là encore, le sens intégratif se heurte à une nouvelle limite… qui est que dans ce système, une espèce vivante altruiste, qui serait l’incarnation du sens intégratif dans la matière, ne peut a priori pas émerger… Ce que la biologie évolutionnaire nous dit, c’est que seuls les individus qui parviennent à survivre et à se reproduire transmettent leurs gènes. Et survivre et se reproduire, ce sont des orientations compétitives. Dans un tel ordre des choses, les individus qui développeraient une attitude altruiste se sacrifieraient en quelque sorte pour le groupe alors que les individus égoïstes eux penseraient à se protéger eux-mêmes, et donc au final ce serait uniquement les individus égoïstes qui survivraient et qui parviendraient à transmettre leurs gènes… Le principe-même de sélection naturelle, ça suppose la compétition entre les individus de toute façon : si les individus d’une espèce coopèrent tous entre eux, il y a plus de sélection naturelle quelque part…

Donc l’altruisme ne peut pas émerger par le mécanisme de la transmission génétique. Et les comportements à première vue « altruistes » qui ont lieu dans la nature seraient en fait des comportements qui ont seulement l’air altruistes, mais qui derrière les apparences sont en fait purement égoïstes. Exemple, chez les abeilles, un mâle qui protègerait la reine des abeilles au péril de sa vie, ça a l’air altruiste en apparence, mais en réalité, la reine étant la seule qui puisse assurer la transmission de ses gènes, en fait de la part du mâle, son sacrifice est un comportement non pas altruiste mais égoïste, pour assurer la survie de ses gènes à lui. Le palier le plus proche de la coopération qu’on peut atteindre avec la génétique, c’est la réciprocité. Par exemple, un oiseau peut aller retirer une tique du dos d’un de ses congénères, ce qui n’est sûrement pas très plaisant à faire pour lui, mais il le fait quand même… dans l’optique que l’autre oiseau fasse pareil pour lui. C’est ça la réciprocité, et la sélection naturelle ne permet pas d’aboutir à mieux que ça en termes de coopération.

Donc dans la nature, un véritable altruisme et une vraie coopération ne peuvent apparemment pas émerger. Toutes les orientations que la génétique pourrait nous donner seraient des orientations égoïstes qui visent la perpétuation de nos gènes, et rien d’autre. C’est ce que disent tous les biologistes, et si je comprends bien, Jeremy Griffith, il est d’accord avec ce constat : il est d’accord avec le fait que la sélection naturelle ne peut normalement pas faire émerger de comportements coopératifs. Et donc l’univers, qui est animé par le sens intégratif, ne peut a priori pas atteindre un niveau d’intégration supérieur, qui consisterait en l’apparition d’une espèce composée d’individus multicellulaires qui coopéreraient tous entre eux, qui agiraient comme une espèce unie, et qui serait le reflet et l’incarnation du sens intégratif sur Terre. A priori…

Mais d’après l’auteur, dans sa quête perpétuelle d’intégration, l’univers a encore trouvé une solution pour dépasser cette nouvelle limite…

L’émergence de notre nature coopérative

Selon l’auteur, il y a un comportement particulier dans la nature qui a permis de dépasser cette limite, c’est le rôle maternel. En effet, les mères d’un grand nombre d’espèces ont tendance à tout donner et à incarner une attitude d’amour inconditionnel vis-à-vis de leurs enfants. Et ça c’est un comportement qui peut émerger via la génétique et la sélection naturelle, pourquoi ? Parce que même si c’est un comportement en apparence altruiste, derrière les apparences encore une fois, à travers une mère qui prend soin de ses enfants, on a en fait des gènes qui assurent égoïstement leur perpétuation. Donc comme c’est un comportement égoïste, la génétique permet à ce comportement d’émerger.

Et oui mais… ok l’instinct maternel, en réalité, c’est un comportement génétiquement égoïste… sauf que l’enfant, lui, il ne le sait pas… Un enfant n’a aucun moyen de se rendre compte que c’est juste un programme génétique. Non, lui en tant qu’enfant, il est simplement témoin de l’amour que sa mère lui procure, et comme c’est tout ce dont il fait l’expérience, en tant qu’enfant il intègre que c’est comme ça que le monde fonctionne. Et donc à travers le comportement de sa mère à son égard, il est en quelque sorte « endoctriné » par l’amour… Et s’il y est exposé suffisamment longtemps, il peut en être suffisamment imprégné pour que ça devienne son nouveau modèle de comportement. Autrement dit, selon l’auteur, le fait qu’une espèce ait une nature qui tende vers la coopération, c’est corrélé au fait que les enfants dans cette espèce soient dépendants de leurs parents pendant un certain temps. Et ben sur Terre, il y a une espèce au sein de laquelle les enfants sont dépendants de leurs parents pendant une période étonnamment longue, bien plus longue que chez les autres… c’est nous.

Voilà pourquoi nous, les êtres humains, on serait, dans notre nature profonde, une espèce fondamentalement coopérative et bienveillante, et voilà comment cette nature humaine pacifique aurait émergé. Et avec le mécanisme de la génétique, de tels comportements ne se seraient pas maintenus, parce que les individus altruistes auraient eu tendance à se sacrifier pour le groupe, donc ces gènes altruistes auraient disparu… Tandis que là, de toute façon, ce sont tous les individus de l’espèce qui sont imprégnés par la coopération depuis leur naissance. Donc là ces comportements survivent quand même, et ce d’autant mieux qu’ils sont de toute façon renforcés par chaque mère ou chaque parent vis-à-vis de leur progéniture à chaque génération… Donc on a bien l’émergence d’une coopération durable dans le temps, qui à terme a donc pu devenir notre véritable nature intrinsèque.

Et pour cette raison, l’auteur, lui, il ne nous voit pas comme une espèce destructrice et diabolique, au contraire il nous perçoit comme une espèce extraordinaire, qui dans l’Histoire de l’évolution, incarne en conscience les concepts d’amour inconditionnels, d’intégration et de coopération, qui sont l’essence-même du fonctionnement de l’univers. Selon lui, on est les ambassadeurs et les garants du sens universel sur Terre, c’est-à-dire du sens intégratif. Le sens intégratif, c’est ce qu’il appelle « Dieu », et on serait donc véritablement une espèce à l’image de Dieu selon cette définition. On serait les pionniers d’une nouvelle étape de l’évolution car on serait la première espèce dans laquelle les milliards d’individus multicellulaires que nous sommes sont capables de ne faire qu’un et d’agir en coopération comme une seule grande entité globale. Donc on représente vraiment un niveau d’intégration supérieur sur cette planète. Et cette nature coopérative, qui assure notre cohésion, elle s’exprime à travers nos instincts, et c’est elle qui est à l’origine de « notre voix de la conscience » en quelques sortes, voix de la conscience à laquelle l’auteur attribue une origine innée et naturelle, et non pas acquise et culturelle… C’est-à-dire que fondamentalement, l’être humain serait par essence un « animal moral ». Et donc sur une planète où les individus des différentes espèces sont en compétition pour survivre, pour se reproduire, pour conquérir un territoire, etc… ben on serait la première espèce à s’élever au-dessus de cette ambition compétitive et à aussi être animée par un sens moral naturel. Voilà ce qu’est vraiment l’humanité selon Jeremy Griffith… Et si déjà vous trouvez ça énorme, vous allez voir qu’on n’a pas fini…

3 millions d’années de coopération entre les êtres humains

D’après l’auteur, notre nature coopérative aurait émergé il y a 5 millions d’années déjà. Si vous connaissez un peu l’évolution de l’Homme, c’est un chiffre qui doit vous faire réagir d’ailleurs, parce qu’aux dernières nouvelles, l’Homo Sapiens Sapiens tel qu’on l’incarne serait apparu sur Terre il y a 250 000 ans. On est tout récent sur cette planète. Donc si notre nature coopérative a émergé il y a 5 millions d’années, c’est parce que pour l’auteur, la grande aventure de la condition humaine n’a pas commencé avec les « êtres humains » tels qu’on les incarne, mais avec nos ancêtres déjà… En l’occurrence avec l’Australopithèque, qui, il y a 5 millions d’années, aurait été le premier de nos parents à incarner cette nature coopérative. Et lui et ses descendants auraient été des espèces coopératives vivant en parfaite harmonie, jusqu’à l’émergence de l’Homo Habilis il y a 2 millions d’années.

Ce qui fait réfléchir quand même… Vous savez, quand on imagine les êtres humains vivant en paix, vivant comme des frères et coopérant tous entre eux, dans notre culture on considère ça comme une utopie irréaliste. Ou comme « le monde des Bisounours » pour reprendre une expression populaire très répandue… Ben d’après l’auteur, c’est pas une utopie inconcevable : on a vécu comme ça, et on aurait même vécu dans un tel état d’harmonie et de coopération parfaite pendant pas moins de 3 millions d’années… ça met les choses dans une nouvelle perspective, je trouve…

Et d’ailleurs, selon l’auteur, ce serait pour cette raison que dans la plupart de nos mythologies, on a toujours eu cette notion du « paradis perdu ». Le jardin d’Eden dans la Bible par exemple, mais pas que, c’est un mythe extrêmement courant. Et alors certains ont émis l’idée que si l’Humanité entretenait autant ce fantasme du paradis perdu, ça pouvait être parce que ça constituait une projection de nos souvenirs de l’enfance où tout était innocent, voire une projection des souvenirs inconscients de notre vie in utero, où là dans le ventre de notre mère tout était harmonieux forcément. Pour l’auteur en revanche, si on a ce fantasme, c’est pas pour ces raisons-là : c’est parce qu’on a vraiment vécu dans le jardin d’Eden pendant 3 millions d’années et que c’est inscrit dans notre mémoire instinctive. On a dans nos mythes des légendes à propos d’un paradis, dans lequel il fait toujours chaud, dans lequel la nature est luxuriante, dans laquelle on a juste à cueillir des fruits sur les arbres pour se nourrir sans aucun effort, dans lequel on vit tous en paix les uns avec les autres… des récits dans lesquels parfois même dans ce paradis on vit tous complètement nu et on fait tous l’amour en permanence… Et l’auteur quand il tombe sur des descriptions de ce genre, il se dit « tiens, c’est curieux, ça ressemble quand même beaucoup à la façon dont les bonobos vivent entre eux », les bonobos qui sont nos plus proches parents et qui d’après lui sont l’espèce de singes la plus coopérative qu’on connaisse justement.

L’émergence de notre esprit conscient

Bon alors, maintenant qu’on a dit ça, pourquoi cette date d’il y a 5 millions d’années ? Ben pour affirmer cela, l’auteur se base sur l’évolution de notre boîte crânienne. Parce que justement, l’apparition de notre nature coopérative, selon l’auteur, c’est ce qui va favoriser le développement de l’intelligence. Intelligence qui ne sert pas directement l’univers dans son ambition d’intégration, mais qui va être un effet secondaire en quelque sorte de notre nature coopérative.

Jeremy Griffith, il définit l’intelligence de la façon suivante : pour lui l’intelligence, c’est « la capacité pour un individu à comprendre les relations de cause à effet entre des événements dans le but d’influer sur ces événements ». Ce qui semble être une définition très raisonnable de l’intelligence. Alors après là, j’avoue, le point qui va suivre, c’est un point sur lequel j’ai pas encore compris toute la démonstration… Mais en gros… être intelligent, d’après la définition qu’il en donne, ça suppose de comprendre les relations entre les événements, donc ça suppose de comprendre la notion de coopération. Or comme on l’a vu, la sélection naturelle élimine les individus qui coopèrent avec les autres. Les animaux qui sont sélectionnés dans la nature sont donc ceux avec un blocage instinctif contre un raisonnement altruiste, ce qui selon l’auteur empêche l’intellect de raisonner efficacement. Ce qui bloque le développement de l’intelligence chez les animaux. Les animaux ont des intelligences qui leurs sont propres dans des domaines spécifiques, parce que c’est un véritable avantage en termes de survie, donc la nature laisse une intelligence spécialisée se développer. Mais jusqu’à présent, aucune autre espèce n’a développé une intelligence comme la nôtre. Selon l’auteur, parce que dans la logique de la sélection naturelle, les espèces animales doivent être relativement aveugles face à l’idée de coopération, qui est le thème de l’existence. Voilà…

Sauf que nous, comme on l’a vu, on a dépassé cette barrière et on a quand même développé une nature coopérative malgré tout, donc nous on n’a plus eu de freins au développement de notre intelligence. Ou, pour paraphraser l’auteur, comme on a été en capacité de reconnaître l’essence coopérative du monde, on a été en capacité de penser et de raisonner honnêtement. Bon en plus de ça, l’émergence de notre nature coopérative a été liée au fait qu’en tant qu’enfant, on est dépendant de nos parents très longtemps. Nos ancêtres primates devaient donc garder leurs enfants près d’eux pendant une longue période, et pour ça, ils les prenaient dans leurs bras, donc ils pouvaient pas toujours marcher à quatre pattes… donc on a développé la bipédie. Et la bipédie, ça a deux avantages :

  • Le premier c’est qu’une fois qu’on est bipède, quand les enfants deviennent assez grands pour marcher, ben on a les mains libres pour manipuler l’environnement. Pour une espèce intelligente en devenir, c’est quand même pratique.
  • Et le deuxième, c’est que ça consomme beaucoup moins d’énergie pour se déplacer. Il y a des tests qui ont été faits par rapport à ça, et qui ont montré que nous les humains, parce qu’on est bipède, on consomme beaucoup moins d’énergie pour nous déplacer par rapport aux autres animaux. Et donc, marcher sur deux jambes, ça laisse plus d’énergie disponible pour le cerveau, qui est l’organe qui consomme le plus d’énergie dans notre organisme.

Donc pour toutes ces raisons, à partir du moment où on est devenu une espèce coopérative, notre intelligence s’est mise à se développer beaucoup plus rapidement, au point que, relativement vite à l’échelle de l’évolution, on est devenu non seulement une espèce intelligente… mais même une espèce consciente…

Et ça veut dire quoi, être « conscient » ? C’est une vraie question, prenez le temps d’y réfléchir, mettez la vidéo en pause un moment si vous avez besoin. Parce que, « la conscience », c’est un mot qu’on utilise tous les jours mais qui est très dur à définir en fait. Ben Jeremy Griffith, il nous propose une définition… intéressante, je trouve… Pour lui la conscience, c’est fondamentalement lié l’intelligence. Il y a un instant, je vous ai dit que pour lui, l’intelligence c’est « la capacité pour un individu à comprendre les relations de cause à effet entre des événements dans le but d’influer sur ces événements ». Ben en fait après ça, il rajoute juste une phrase, il ajoute que « à force de comprendre les relations de cause à effet entre les événements, un individu finit par réaliser qu’il est le centre de ces expériences changeantes et développe ainsi une conscience de soi »… Je répète : « à force de comprendre les relations de cause à effet entre les événements, un individu finit par réaliser qu’il est le centre de ces expériences changeantes et développe ainsi une conscience de soi ». Non, il y a que moi que ça fait kiffer ? Parce que je trouve que là, on a une définition de la conscience qui est très simple, très claire, et qui est tellement puissante que je trouve que la définition du terme et l’explication de l’émergence du phénomène se confondent… Et donc si j’ai bien compris, d’après l’auteur, la conscience c’est un prolongement de l’intelligence, parce qu’on parvient à la conscience de soi par déduction vis-à-vis de l’observation de l’environnement. Il y a eu une époque où nos ancêtres ont commencé à comprendre de plus en plus de choses sur l’univers qui les entourait et à force d’observations, ils ont fini par comprendre… qu’ils existaient… Je sais pas, je la trouve incroyable cette définition… Et je vous assure que plus on y pense, plus c’est puissant…

Et donc, en se basant sur l’évolution de la taille de notre boîte crânienne, Jeremy Griffith, il estime que notre nature coopérative aurait émergé il y a 5 millions d’années, chez l’Australopithèque. Et on aurait vécu en harmonie à partir de là pendant 3 millions d’années, jusqu’à ce qu’apparaisse notre esprit conscient, il y a environ 2 millions d’années selon lui, au stade de l’Homo Habilis.

La condition humaine : l’opposition entre l’intellect et l’instinct

Et avec tout ça, on arrive au bout de l’histoire, parce que ça y est, à partir de ce stade, on a notre esprit conscient. Et maintenant qu’on l’a, c’est là que le grand dilemme de la condition humaine s’est présenté et que les problèmes ont commencé…

Parce qu’alors que depuis toujours, toutes les espèces sont guidées exclusivement par l’instinct, nous on a été la première espèce à pouvoir être orientée par l’intellect, un outil beaucoup plus puissant qui nous permet d’être la première espèce à ne plus être victime du changement, de ne plus juste subir l’évolution mais d’être en capacité de prendre en main notre évolution. Ça plus notre nature profonde basée sur l’amour inconditionnel, on est vraiment une espèce incroyable quand on y pense… Sauf que d’après l’auteur, il y a un problème qui se présente. C’est que même si on serait véritablement l’incarnation de l’amour inconditionnel sur cette planète et qu’on serait instinctivement orienté vers la coopération, pour notre nouvel intellect fraîchement émergé qui commence à prendre les commandes de notre vie, suivre notre nature… ben ça suffit pas. L’instinct c’est ce qui fait qu’on a envie de faire des choses sans raison consciente, mais l’intellect, lui, il ne marche pas comme ça. Quand on est une espèce intelligente, on ne peut pas se contenter de faire quelque chose parce qu’on en a envie, on a besoin de comprendre pourquoi on le fait. Pour ça, l’intellect, il a besoin de faire des tests pour identifier les compréhensions qui sont correctes et celles qui ne le sont pas. Et beaucoup des idées qu’il va avoir ne vont pas forcément être alignées avec notre instinct, qui est toujours là lui en arrière-plan, on est d’accord… Autrement dit, notre instinct et notre intellect se sont retrouvés à être en conflit. Et ça a pas été un petit conflit, ce conflit interne, il s’est avéré être extrêmement traumatisant…

Pour expliquer ça, l’auteur prend l’exemple d’un oiseau migrateur, qui est poussé par son instinct à voyager d’une partie du globe à une autre selon les saisons. Si cet oiseau était soudainement doté d’un esprit comme le nôtre, qui lui permettrait d’avoir conscience de lui-même et de se poser des questions sur l’environnement qui l’entoure, ben alors qu’il effectue son trajet migratoire, pendant son voyage, il pourrait par exemple apercevoir une île au loin, avec des arbres, des fruits, ou quoi que ce soit qui éveillerait sa curiosité. Guidé désormais par son intellect, notre oiseau migrateur pourrait être tenté de dévier de son chemin pour aller explorer cette île… Sauf que s’il faisait ça, il agirait alors en défiance vis-à-vis de ses instincts… Ses instincts se mettraient alors à émettre un signal douloureux, pour critiquer la décision de son esprit conscient, esprit qui donc se retrouverait en état de souffrance mais sans comprendre vraiment ce qu’il se passe par contre au départ…

Et ben ça, c’est ce qu’il nous est arrivé en tant qu’êtres humains. C’est le prix qu’on a eu à payer pour accéder à la conscience : on a dû subir une critique interne extrêmement violente de la part de nos instincts. Une critique violente et injuste qui a été vécue comme une condamnation. Parce qu’en plus nous, on n’a pas juste été en défiance vis-à-vis d’un trajet migratoire particulier. Nous notre nature profonde, c’est la coopération et l’amour inconditionnel. Et donc quand notre intellect conscient a commencé à prendre les commandes, et même pas spécialement à faire des choses mauvaises si je comprends bien, mais juste quand il a commencé à fonctionner et que ce faisant, il a réclamé son indépendance vis-à-vis de nos instincts… ben nos instincts se sont mis à le critiquer. Et à travers leur critique interne, nos instincts nous ont renvoyé :

  • Qu’on était imparfait,
  • Qu’on était inférieur à l’idéal instinctif d’amour inconditionnel qu’on porte en nous,
  • Qu’on s’éloignait de notre nature coopérative, donc qu’on était « mauvais », ou encore « coupable »
  • Et même qu’on était inférieur aux attentes de Dieu envers nous donc quelque part, puisqu’on n’était plus aligné avec la perfection du sens intégratif…

C’est ça qui nous a donné le sentiment d’être une espèce qui a été « chassée du jardin d’Eden » parce qu’on était fondamentalement « mauvais », alors que pourtant, non, on n’était pas mauvais, on était même l’exact opposé de ça… Malheureusement, on n’était pas en capacité de comprendre ce qu’il se passait et de nous justifier face à ces critiques injustes. La justification qu’on cherchait, l’auteur nous la donne et elle est très simple : c’est que quand l’esprit conscient est aux commandes, il ne peut pas se contenter de suivre aveuglément notre guidance interne, il a besoin de comprendre pourquoi il fait les choses, et il a donc besoin d’apprendre par l’erreur et par l’expérimentation. Selon l’auteur, cette simple explication suffit à résoudre cette guerre interne entre notre intellect et notre instinct. Sauf que quand cette guerre a commencé, le mécanisme on le comprenait pas… Cette explication, cette compréhension du mécanisme à l’œuvre, on l’avait pas. Et comme on l’avait pas, la seule solution qu’on a eue face à ces critiques injustes qui étaient absolument intenables, c’était de les refouler. C’était de nous couper des critiques injustes de nos instincts… donc de nous couper de nos instincts eux-mêmes, et donc d’entrer dans le déni de notre nature coopérative et de l’amour inconditionnel qu’on porte en nous. On a été obligé de nous couper de nous-mêmes, ce qui a été un déchirement existentiel absolument tragique…

Notre intellect s’en est retrouvé extrêmement « contrarié », c’est le terme qu’utilise l’auteur, état de contrariété général qui lui-même se décline en 3 états différents :

  • Un état d’aliénation, puisqu’on s’est coupé de notre vraie nature,
  • Un état de colère, en réaction aux critiques injustes de nos instincts,
  • Et un état égocentrique, avec une ambition de nous justifier et de prouver notre valeur face à ces critiques.

Aliénation, colère, égocentrisme… trois traits dans lesquels on reconnait bien le niveau de conscience de l’ego et qui nous résument bien en tant qu’êtres humains. Je pense que vous aurez bien reconnu l’humanité dans ces trois qualificatifs… Et c’est comme ça, en nous coupant de notre nature coopérative, que notre rapport à l’existence a changé. C’est comme ça que notre expérience de l’existence est devenue une expérience souffrante et non plus une expérience extatique. Alors que toutes les autres espèces orientées uniquement par l’instinct ont pu faire l’expérience de la vie en étant « bien dans leur peau » si on peut dire, nous par le simple fait d’être des êtres conscients, notre rapport-même à l’existence est devenue une expérience souffrante, à cause de ce conflit et de cette division interne qui nous a empêché de ne faire qu’un avec nous-mêmes et par lesquels on était obligé de passer en fait…

C’est ça, la condition humaine. C’est ça la condition qu’on est la seule espèce sur toute la planète à endurer. C’est ça la psychose généralisée par laquelle on serait quasiment tous affecté selon l’auteur. C’est ça le traumatisme originel qu’on a presque tous et qu’on refoule. Et c’est de cette souffrance, de cet état psychologique-là que tous nos comportements violents et destructeurs ont émergé… Pas parce qu’en tant qu’êtres humains on serait mauvais par nature mais parce qu’on s’est retrouvé coupé de notre vraie nature justement. Au contraire selon Jeremy Griffith, on est une espèce avec une nature extrêmement pacifique. On est l’espèce sur Terre qui est faite à l’image de Dieu, c’est-à-dire qui est l’incarnation du sens intégratif sur Terre. On n’est pas une espèce compétitive, au contraire on est l’espèce à travers laquelle la nature s’élève au-dessus du concept de compétition pour la première fois après des millions d’années d’évolution. On est l’espèce à travers laquelle l’univers atteint un niveau d’intégration supérieur. On est l’expérience unique à travers laquelle la nature peut devenir consciente d’elle-même, accéder à un nouveau rapport à l’existence et affirmer la supériorité de la connaissance et de la compréhension sur l’ignorance. Et pour que cela puisse se faire, on est l’espèce qui a accepté d’endurer une condition atroce pendant 2 millions d’années, ou pour reprendre ses termes, qui a accepté de « marcher en enfer pour servir une cause divine ». Et pour lui, c’est absolument nécessaire qu’on résolve cette bataille entre notre intellect et notre vraie nature, bataille qui fait de nous les véritables héros de l’évolution sur cette planète mais qui, si on la perd, signifierait l’échec de l’Histoire-même de la vie sur Terre… Oui l’auteur parle comme ça, souvent…

Le « deaf effect »

Et après avoir dit tout ça, il y a une très bonne nouvelle selon l’auteur, c’est que comme justement notre mal-être est d’ordre psychologique, ça signifie qu’on peut le guérir. On peut le guérir par la compréhension. Et donc comment on fait pour guérir de cette condition humaine ? Comment on fait pour résoudre ce conflit intérieur et pour nous reconnecter à notre nature coopérative ? Ben pour ça, il suffit tout simplement de conscientiser et de comprendre le phénomène, et de donner à notre intellect la justification qu’il cherche depuis 2 millions d’années pour pouvoir justifier son existence et vivre en paix avec nos instincts… Et cette justification… ben c’est cette petite histoire que Jeremy Griffith nous raconte et que je viens de vous raconter à mon tour…

Voilà… Et quand je dis ça… à mon avis ça doit vous faire tout drôle… En fait quand je dis ça, je vous vois tous en train de bugger devant votre écran et en train de vous dire : « Quoi mais c’est tout ? C’est quoi ce délire ? J’ai rien compris, j’ai suivi toute la vidéo, ça fait une heure que j’attends qu’il y ait une information incroyable qui tombe et j’ai l’impression qu’il y a rien au final… et puis cette petite histoire, franchement, elle vient pas d’avoir un effet quelconque sur moi… ».

Ben si c’est ce que vous vous dites… en fait c’est normal. Et c’est un phénomène sur lequel l’auteur insiste énormément, c’est que comme ces informations mettent le doigt sur la problématique originelle la plus profonde qu’on en a en nous, qu’on a une protection mentale et un déni extrêmement fort vis-à-vis de ce conflit intérieur, qui est complètement inconscient pour tout le monde, l’auteur remarque qu’en général la première fois qu’on est exposé à ces informations, on est nombreux à ne pas être en capacité de les entendre…

Pour l’anecdote, quand je préparais cette vidéo, il y a eu un moment où je suis allé boire un café chez une amie, je lui ai raconté un petit peu ce dont je comptais vous parler aujourd’hui, et je lui ai demandé ce qu’elle en pensait. Et quand je lui ai demandé ce qu’elle en pensait, là, spontanément, comme un cri du cœur, elle m’a répondu : « tu trouves pas que le déca c’est quand même vachement moins bon que le café normal ? »… Effectivement… Sur le coup ça m’a un peu surpris, ce décalage entre le sujet que j’avais abordé et la réponse qu’elle m’a donnée. Du coup pour rigoler, je lui ai dit que je la citerai dans ma vidéo, donc voilà, petit clin d’œil à elle, c’est une femme exceptionnelle en plus. Mais quand je vous raconte cette anecdote, je moque absolument pas d’elle, parce qu’en fait, c’est très courant comme réaction. Selon l’auteur, les gens réagissent souvent comme ça la première fois qu’ils sont exposés à ce sujet. Ils sont complètement sourds aux informations en question. C’est ce qu’il appelle le « deaf effect » en anglais. Et c’est un phénomène qui m’a impacté moi aussi.

Moi en ce qui me concerne, je suis tombé sur les travaux de l’auteur il y a un peu plus de dix ans environ. Et quand je suis tombé dessus… alors ça m’a beaucoup intéressé, j’ai pas fait un rejet total non plus, je me suis quand même penché dessus un moment… j’ai pas l’impression que ça m’ait déprimé non plus… mais par contre je me souviens que je nageais complètement… je comprenais rien. Mais malgré le fait que je comprenais rien… j’étais fasciné. En fait ses travaux ont été une véritable énigme pour moi pendant des années… Ils étaient très spéciaux à mes yeux parce que de toute ma vie, c’était les seuls écrits que j’ai considérés comme importants… alors que je savais que je les comprenais pas… Normalement, soit je comprends pas un livre, auquel cas je considère qu’il me sert à rien et je passe à autre chose, soit si je le trouve utile ou que je l’apprécie, c’est que je l’ai compris, logique… Ben ses livres à lui, ses conférences, ses interviews, etc… ça a été l’exception. Ça a été les seuls ouvrages pour lesquels, malgré mon incompréhension, je sentais qu’il fallait que j’approfondisse. Et j’avais envie de comprendre, j’ai été très volontaire à l’époque, mais pas moyen… C’est comme si je comprenais toutes les phrases qu’il disait, prises individuellement, mais que j’arrivais pas à les mettre ensemble. Je me souviens, j’avais l’impression que mon cerveau tournait autour de l’idée principale sans jamais la saisir… C’était frustrant à un point… c’était frustrant mais en même temps j’étais pas surpris, puisque l’auteur parle d’une sorte de trauma originel qu’on refoule tous, donc c’était peut-être normal que je saisisse pas tout du premier coup.

Et donc au final j’ai mis ses travaux de côté au bout d’un moment… mais en les gardant toujours dans un coin de ma tête… En fait ces dernières années, chaque fois que je me suis instruit sur un sujet quelconque, que ce soit sur le comportement humain, sur la spiritualité, ou n’importe quel thème… chaque fois que j’ai appris une information nouvelle, je pouvais pas m’empêcher de faire le lien et de me dire : « au fait, il y a quelques années, j’étais tombé sur cet auteur, qui disait que la nature humaine est basée sur l’amour inconditionnel, qui disait qu’on a ce traumatisme qu’on partage tous, et j’avais pas tout compris, mais ce que je viens d’apprendre là aujourd’hui, est-ce que ça colle avec ce que cet auteur disait ou pas ? ». Je pouvais pas m’empêcher de m’y référer… Et donc il y a quelques mois, j’ai décidé de me replonger dedans… J’ai ressorti ce que j’avais soigneusement enregistré à l’époque, et alors quand j’ai relu tout ça… Déjà je me suis rendu compte qu’à l’époque, quand j’avais lu les travaux de l’auteur la première fois, j’avais rien compris en fait… Il y a juste le concept du sens intégratif que j’avais compris, mais alors tout le reste j’étais passé à côté, et je comprenais pas pourquoi d’ailleurs, parce que c’est pas si compliqué en fait… Enfin après si, je sais pourquoi, c’est parce que c’est un traumatisme qu’en nous on refoule tous, mais il n’empêche que quand même, j’étais surpris en me remettant dedans de pas avoir compris du premier coup… Là quand j’ai revisité toutes ces informations, j’ai quand même beaucoup mieux compris… Et accéder à cette compréhension, ça a été… un orgasme intellectuel… j’ai pas d’autres mots… C’est même pas une métaphore… ça m’a pris à peu près 3 semaines pour tout relire, et pendant ces 3 semaines, chaque fois que je me replongeais dans ses travaux, j’avais une véritable sensation d’extase au niveau du cerveau, c’était exceptionnel comme expérience… Je sentais vraiment à travers ses mots comme une guérison de l’esprit qui s’opérait… Et là je me suis dit que ouais, il fallait absolument que je vous en parle un jour, c’était pas possible que vous passiez à côté de ça, fallait que vous sachiez… Et donc au bout d’un moment, j’ai commencé à préparer cette vidéo. J’ai demandé à l’équipe de Jeremy Griffith s’ils étaient d’accord pour que je vous la fasse cette vidéo sur le sujet de la condition humaine, et ils m’ont donné leur accord, ils avaient même l’air très enthousiastes apparemment, ça m’a fait plaisir… Merci à eux en tout cas, vraiment…

Tout ça pour vous dire que si cette vidéo ne vous a pas parlé aujourd’hui… quelque part c’est normal. Baissez pas les bras, laissez-vous le temps… et hésitez pas à revenir vers les travaux originaux de l’auteur (www.humancondition.com) quand vous vous sentez prêt. Chacun y va à son rythme, et d’après l’auteur, avec le temps, notre esprit se familiarise avec ces informations, et progressivement, il se sent plus en sécurité pour aller explorer ces informations en profondeur et pour aller vraiment explorer cet enjeu de la condition humaine en nous. C’est justement parce qu’on ne peut en avoir qu’une compréhension progressive que dès l’introduction, j’ai préféré être prudent et ne pas affirmer que je maîtrisais tout. En revanche, je peux vous confirmer qu’au fur et à mesure, on a une compréhension toujours plus fine de ce qu’il expose, que tous les éléments de ses travaux, même les plus anodins, finissent par prendre une dimension qu’on soupçonne pas au premier abord, et qu’au final c’est vraiment fascinant à explorer et qu’on sent vraiment une guérison s’opérer.

Et d’après de nombreux témoignages que l’auteur a recueilli, quand on est en capacité d’affronter ces informations complètement et de faire le voyage jusqu’au bout à l’intérieur de soi, là oui, non seulement c’est libérateur, mais la vie devient alors absolument extatique… On redécouvre une joie de vivre et un bonheur dont on soupçonne absolument pas le potentiel, les gens qui en témoignent en parlent comme de la plus grande révélation de leur vie. Et ce qui est intéressant d’ailleurs dans les témoignages que j’ai pu voir, c’est que les gens qui parlent de cette libération induite par la compréhension de la condition humaine m’ont eu l’air… très équilibrés. C’est-à-dire que dans leurs témoignages, ils ont l’air d’aller bien effectivement, ils rayonnent beaucoup je trouve, mais ils ont aussi l’air d’être extrêmement ancrés, solides, et pleinement dans la réalité. Ceux que j’ai pu voir en tout cas… mais c’est intéressant à noter.

Conclusion

Bon et enfin, pour finir cette longue vidéo sur la condition humaine, je voudrais faire rapidement un lien avec la spiritualité… mais je pense que vous avez déjà deviné où je veux en venir… Jeremy Griffith, dans ses travaux, il nous parle donc de l’opposition entre notre intellect et nos instincts, mais très souvent pour en parler il a recours à d’autres termes… L’intellect, il appelle ça « l’ego », et nos instincts, il appelle ça « notre âme »… Quand il dit ça, est-ce que ces deux termes ont la même signification que celle qu’on leur donne en spiritualité ? J’en sais rien… Pour l’ego oui probablement, c’est plus pour l’âme que je me pose la question… En spiritualité, ce qu’on appelle « notre âme », certes ça correspond à notre vraie nature, mais c’est aussi un niveau de conscience qui ne se résume pas à notre ADN et auquel on reconnait une existence dans un niveau de réalité supérieure à celui de la réalité matérielle. Il y a rien dans les travaux de Jeremy Griffith qui suggère ça… Lui il reste sur Terre, et il a raison. Non seulement il y a rien qui suggère ça mais en plus il y a une chose sur laquelle il est très clair par contre, c’est qu’il est très critique envers le mouvement New Age, entre autres. Parce que selon lui, on ne peut résoudre la douleur de la condition humaine qu’en s’y confrontant par la compréhension, alors que le mouvement New Age nous inviterait à contourner le dilemme de la condition humaine en se réfugiant dans la croyance.

Alors « être spirituel », ça se résume pas à ça non plus… vous savez qu’en tout cas, pour moi, « être spirituel », ça ne relève pas de la croyance, ça relève de l’expérience, et ça consiste bien à retrouver une unité authentique en soi. Mais voilà, je vais rien affirmer, je ne voudrais pas tirer trop de conclusions sur les travaux de l’auteur et lui faire dire des choses qu’il n’a pas dites. Simplement, sans rien affirmer, voilà, je remarque que ça fait des millénaires qu’on a des enseignements spirituels qui nous parlent de cette bataille entre l’âme et l’ego, et, peut-être pour la première fois, on a un membre de la communauté scientifique qui, à travers une approche scientifique, semble reconnaître qu’une dualité de ce genre existe bien, qui nous explique pourquoi et comment elle a émergé, pourquoi c’était inévitable, et comment on la résout… Donc ça vaut le coup de se pencher dessus quand même, et en plus je suis sûr que personne vous en avez jamais parlé… Ben voilà, maintenant vous êtes au courant ^^.

Voilà donc ce que je pouvais vous dire sur la condition humaine, une vidéo imparfaite qui a été assez difficile à préparer. J’espère que j’ai pu retranscrire les propos de l’auteur avec exactitude, et s’il y a des points sur lesquels ça n’a pas été le cas je m’en excuse. Et puis sur tout, ce court résumé est très loin d’être exhaustif, vous imaginez pas tout ce que j’ai dû mettre de côté comme informations pour faire cette vidéo en allant droit à l’essentiel…

Mais j’ai tenu à vous le présenter malgré tout, parce qu’il s’agit d’un sujet et d’une piste de réflexion qui nous concerne tous, qui vous inspirera peut-être pour votre propre parcours personnel et qui vous permettra d’envisager les enseignements spirituels que vous recevez avec une perspective différente, toujours pour mieux vous trouver vous-même…

Sur ce, j’ai fini pour aujourd’hui. Je remercie Jeremy Griffith et toute son occupe pour avoir accepté que je puisse partager ces informations avec vous, parce que ça m’a vraiment fait plaisir de pouvoir le faire… Encore une fois, je vous invite à aller jeter un œil à toutes ses publications en accès libre. Je vous remercie de m’avoir suivi, et je vous dis à bientôt pour la prochaine vidéo.

Paix et amour à vous tous.


Pour en savoir plus sur le sujet de la condition humaine, n’hésitez pas à consulter le site de l’auteur (www.humancondition.com) :

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